Le retour au village

Rentrer chez soi, ne fût-ce que dans le plus pauvre des villages, n’est-ce pas un bonheur ? D’autres n’ont en tête que les grands espaces, l’inconnu, la révolution. Partir attendra bien… que le souffle soit rompu. On ne s’approprie que ce qui tient dans la main, et encore la main rêve-t-elle de lâcher prise. La liberté, c’est le possible devant soi – ou l’impossible ? Qui se monte en fouetté de ses propres fantasmes ? Qui tient ses rêves noie ses peines. Il n’a pas soif. Il n’est pas étanche pour autant, mais poreux à des bonheurs qui l’enlacent tel un lierre. Qu’importe la conquête, le conquérant et le vaincu aussi bien. L’avenir est pareil à cette ronce. A-t-il fleuri ou sera-t-elle arrachée ? Qui se grattera sur son passage ? Quelle démesure gagne jamais le soleil ni la mort ? Paix à nos rêves. La beauté suffit à la grandeur de l’homme. Et quand même elle ferait défaut, il reste la chaleur de la paupière, le pouvoir de la fermer pour mieux la rouvrir à jamais.

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