Le chat chez soi

À quoi pensent nos compagnes, tête perdue, asservies à nos amours ? Les chats ont pour leurs maîtres mille fois plus de pensées que les maîtres n’en dispensent à d’autres courtisans. Quelle tendresse a-t-on jamais témoigné à une bête ? Se souvient-on de ce lion-là qui, rapporte Montaigne, épargna son gladiateur, se coucha devant sa lance dressée. C’est que ce dernier lui avait enlevé, des années plus tôt, une épine d’un cousinet dans le désert. Mais nos quadrupèdes de consommation fort courante n’ont en rien inventé le travail, encore moins de grands abris confortables. La chasse, qui les fait grimper aux arbres comme des flammes, reste avec le jeu, les amours saisonniers et d’innombrables sommes, leur principale occupation. Encore heureux que le reste, dont nos rares caresses, leur soit accordé par surcroît !

Précédente
Page suivante